Au Bénin, le tarif des
communications GSM est passé du simple au double. Ainsi en a décidé le
Président Boni Yayi. Il suffit de se référer aux dispositions
du décret 2015- 455 du 27 août 2015 portant majoration et annulation
de crédit à titre d’avance sur le budget de l’Etat gestion 2015 pour
s’en
convaincre.
Dans le rang des consommateurs béninois
des produits Gsm, ça maugrée. Plus personne ne comprend pourquoi ces
derniers jours au Bénin, on dépense plus et on communique
moins, c’est-à-dire tout le contraire du célèbre slogan d’un opérateur
Gsm dont les activités battent aujourd’hui de l’aile. Les explications à
cette situation devenue insupportable pour les Béninois
ne sont malheureusement pas à aller chercher loin. Elles se trouvent
dans l’article 4 du décret 2015- 455 du 27 août 2015
portant majoration et annulation de crédit à
titre d’avance sur le budget de l’Etat gestion 2015. Cet article
proclame « l’annulation de 10,4% des prévisions de recettes
douanières ; l’institution pour compter du
1erseptembre 2015, conformément aux dispositions de l’article 6 de la
loi organique n°2013-14 du 27 septembre 2013 relative aux lois des
finances, d’une redevance sur la messagerie Gsm à
hauteur de 2 F Cfa sur chaque Sms ; le relèvement de la redevance de la
communication Gsm de 2 F Cfa à 5 F CFA par minute sur chaque appel
national sortant (On net, Off
net) et international sortant puis de 23 F Cfa à 53 F Cfa sur chaque
appel international entrant ; la suppression des exonérations des
impôts (sur le BIC) et douanières accordées aux
opérateurs titulaires d’une licence au sens de l’article 15 de la loi
n°2014-14 du 09 juillet 2014, relative aux communications électroniques
et à la poste en République du
Bénin ; le prélèvement d’une taxe spécifique dénommée «contribution au
développement» de 2% du chiffre d’affaires hors taxes et hors charges
d’interconnexion sur les activités des
opérateurs titulaires d’une licence au sens de l’article 15 de la loi
n°2014-14 du 09 juillet 2014 relative aux communications électroniques
et à la poste en République du Bénin. Les modalités de
perception de ces produits sont fixées par arrêté du ministre d’Etat
chargé des Finances ».
A la lecture des dispositions de ce
décret pris par le Président de la République le 27 août 2015,
plusieurs conclusions peuvent être tirées. La première
est que l’Etat a augmenté les tarifs de communication Gsm et ceci, de
façon unilatérale. Ces tarifs ont doublé. Désormais, la messagerie Gsm
passe de 0 à 2 F. Les redevances sur
les appels nationaux et internationaux n’ont pas été épargnées. Elles
ont plus que doublé car elles passent désormais de 2 F la minute à 5 F
la minute. Il en est aussi de même
pour les redevances sur les appels internationaux entrants qui passent
de 23 F à 53 F.
Par ce décret, on constate aussi que
l’Etat supprime les exonérations fiscales accordées aux opérateurs Gsm
au titre des licences qui leur ont été accordées. Plus
grave dans cette affaire est que les opérateurs Gsm n’ont pas été
consultés préalablement. Par ailleurs, la nouvelle taxe créée et qui
est dénommée «contribution au développement» est
asphyxiante pour les opérateurs Gsm. Elle s’élève à 2% du chiffre
d’affaires hors taxes et hors charges d’interconnexion des activités des
opérateurs titulaires d’une licence. Autrement
dit, non seulement les opérateurs Gsm doivent payer désormais l’impôt
sur le bénéfice commercial dont ils étaient autrefois exonérés, mais
aussi cette nouvelle redevance porte sur leurs activités
quelles qu’elles soient.
Qu’est-ce qui a bien poussé le Chef de
l’Etat à faire cette option pour son peuple ? Pourquoi l’Autorité de
régulation des communications électroniques et
postales (Arcep) et les différentes associations de consommateurs ont
gardé jusque-là le silence. C’est en tout cas les questions que beaucoup
se posent. Selon les informations qui nous parviennent
avec insistance, la situation pourrait s’empirer avec la loi de finances
exercice 2016.
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